Ces écrits sont nés d'un besoin pressant d'aller vers l'autre, de fondre dans un creuset qu'est ce support des éléments épars exprimant une certaine
singularité.
Mais l'homme a vite fait de montrer sa joie une fois il est dans la lumière alors que les vrais auteurs, sans qu'il ne s'en aperçoive, sont dans l'ombre.
Ces écrits ne sont donc que l'expression harmonieuse d'innombrables acteurs proches ou lointains qui ont peuplé mon esprit et qui maintenant revendiquent la liberté à leurs créations.
Je passe mes journées à mutiler mes cigares à décapiter leurs têtes à allumer leurs pieds à déguster leurs tripes, mais l'écriture n'est-elle pas une vertueuse souffrance qui s'ingénue avec
bonheur à vous faire oublier votre égo à décliner le constat social et à créer en vous le désir de dissimilitude?
Notre société a circoncis les hommes dans leurs corps, le fera-t-elle pour le prépuce de leurs coeurs et de leurs ambitions?
La vitole bleue dédie ses thèmes à la ville de Tanger, ma terre ma nourricière, au cigare ce plaisir perle des dieux fait par les mains des hommes, et enfin à mes écrits vérités sur mes parures
qui donneront je l'espère suffisamment de plaisir aux lecteurs.
La lumière blanche est là, elle me rappelle mes dents à vingt ans quand je mordais à plein dents dans la vie. Je la regarde pendant de longs moments, elle n’est pas fugitive, semble échapper aux
séquences qui organisent ma quotidienneté, elle m’agasse et m’angoisse. Mon temps passe, elle reste inébranlable, il semble que rien ne se passe pourtant quelque chose de réel, de vrai est
là mais demeure inénarrable. J’ai peur, je regarde son jeu qui arrache de la pénombre les meubles qui perdaient de leurs contours, va au trot sur les murs pour faire la répartie des ombres,
ses naseaux vaporeux refroidissent la chaleur de ma théière, ma pupille transpire et se contracte car elle sait que la réalité est proche et va exploser dans sa nudité la plus totale brutale en
laissant une brèche béante d’où tout mon être passera, sans retour sans concessions. Je suis las, elle est là, assise sur le bord d'un lit à baldaquin, son apparat blanc trahi les cambrures de
son corps, les fils en pépite d'or et d'émeraude réverbèrent la lumière, fragmente mon regard, recompose ma mémoire perdue dans cette vaste pièce. J'attends cette promesse infinie qui ne peut
venir que de l'artiste dont les gestes curvilignes s'évanouissent puis s'éveillent sur les frises arabesques. Son regard suspens mon corps, allège mon appui sur le sol pour ne pas réveiller les
caprices de mon corps fait de sang et de pain, épris d’odeur et de parfum, portant l’estampille du vivant amoureux de l’éphémère. J’espérais la voir nouer ses cheveux pour découvrir le creux de
ses aisselles et offrir à mon regard le rehaussement de ses seins mais en vain. Elle est propre, limpide, empreint de noblesse et moi de salacité et d’arrogance. Elle est présente et moi égaré
dans ma chair soustrait à l'instant par mes absences éthylique desquelles je n’en reviens que sur la monture des vents pour aller déposer sur les pages nubiles mes états d’âmes nacrés de
visages désertés par le sourire, le front vaste et plissé tel de lourds rideaux noir qui m’empêchent à chaque aurore de me réveiller un peu plutôt que dieu. Non, je ne tenterai pas de
lui reprendre le sceptre qu'il m'a subtilisé, faisant de lui un Être imputrescible et moi une argile vivante, il me suffit de savoir seulement que sans le doute des hommes il n'aurait
été qu'une brebis égarée.
Mais aussi dissident que je puisse paraître une assurance fragile me guettait, je me sentais en effet jeté dans l’existence, j’ai beau être quinquagénaire mais au
fond je ne suis qu’un itinérant immobile à la recherche d’un secret encore plus profond que l’existence. Cette quête me sera-t-elle concluante alors que je suis tenu en laisse par le devoir
d’être, l’obligation de devenir ? Pourrais-je un jour chasser le vent de l’outre pour y mettre un peu de vie ?
Je me mis à marcher de long en large dans la pièce, les damiers réguliers et polychromés des murs essayaient de contenir mes ruminations mais je n’avais d’yeux
que pour cette lumière. Mais que faisait une lumière sans estomac sur mon territoire ? Elle cherchait peut être ma foi alors que je n’ai que des tripes ! J’avais envie de la déloger
de mon domaine, de lui dire que j’étais un aveugle qui a des illusions, un être qui ne reprend confiance en lui-même et ne recompose tous les éléments disparates de sa vie que dans les plus
profond des gouffres.
Je continuais à soliloquer, la tête penchée par le poids de mes pensées qui ne cessaient de copuler et bourdonner comme des mouches assaillantes, je voulais
passer une bonne colère à cette lueur qui semblait manifestement insensible à ce que je pouvais ressentir et ne prétendait à l’évidence qu’à sécher ma glaise et faire de moi un objet de
poterie prêt à recevoir l’écriture floral des peintres.
C’est alors qu’une fureur noire m’empoigna encore plus obscure que les flancs des volcans puis j’ai rugi le cigare à la main : « Moi, Michaël, nait
entre les remparts de Tanger, fils d’Ismaël l’instituteur, petit fils d’Adam vendeur de bijoux de fantaisie donr le front a été marqué par les tapis des mosquées, mes aïeux ont traversé les
plaines arides brulées par le soleil d’Arabie et n’ont étanchés leurs soif que dans les jardins des Hespérides où ils se sont établis, je suis venu au monde dans des mains plus blanches
que les écumes des vagues de la méditerranée, et ne me suis acquitté de mon prépuce qu’au plus distingué des barbiers »
Regarde me dit-elle
Tu es blanche, diffuse, chaude et rapide répondis-je
Non ce sont mes qualités premières que tu observes
La nuit bientôt sera là
Erreur encore ce n’est que le mouvement de ta guérite mais moi je suis là
Qui es-tu sinon une substance douée de propriété
Il n’y a je constate finalement que les formes et la matière qui t’intéressent.
Qui es-tu alors, que me veux-tu
Je suis c’est tout. Ecoute je t’apporte un message, je suis le maintenant-avant, le maintenant-après, je suis l’évènement que tu n’as jamais savouré et caressé de
ta vie tellement tu es porté par tes attentes, je suis l’instant le présent infini indivisible.
Mais le temps n’est il pas une succession d’instant !
Non un tout n’est pas l’ensemble des parties ! Un n’est pas dix mille chose disait Lao-Tseu. Ecoute il y a un moment je t’entendais dire « il semble
que rien ne se passe pourtant quelque chose de réel, de vrai est là mais demeure inénarrable » ce « quelque chose » c’est l'instant.
Mais l'instant est impalpable, c'est du vide, absence, absence d’objet !
Non! le vide donne naissance aux objets. N’as-tu pas besoin du silence pour écouter de la musique, n’as-tu pas besoin d’espace pour créer ton habitacle. Regarde
le hall de ta maison il y a un peu d’espace vide combien de chose tu pourras y mettre ? Le vide offre des potentialités infinies. Et maintenant commence par faire le vide dans ta tête et
chasser le bruit incessant de tes pensés qui te martyrisent et t’empêchent de vivre l’instant, ici et maintenant.
Holy Smoke de Guillermo Cabrera Infante livre acheté à la librairie des
Colonnes de Tanger est une belle histoire réelle et romancée de l'auteur, une lecture autobiographique, une fresque parfois en noir et blanc qui justifie le goût de Guillermo Cabrera pour les
vieux films. D'ailleurs, il répondit à un de ses amis qui voulait savoir pourquoi il affectionnait les vieux films, que ceux qui oublient les films sont condamnés à voir des remakes.
Guillermo Cabrera est né à Gibara, ville de Cuba où Rodriguo de Jerez découvrit pour la première fois en 1492 le tabac et qu'après Luis Torres introduisit en Europe. L'auteur construit à sa façon
son histoire en passant par Christophe Colombe jusqu'aux anectodes sur Zino Davidoff. Au fil du récit le lecteur, guidé par la plume de l'auteur, visite les champs de culture du cigare, sa
fabrication et les lieux réservés à sa célébration et au passage fait connaissance des personnages cultes qui ont mystifié le havane.
Le livre commence par les propos du docteur Pretorius dans le film La fiancée de Frankenstein où il offre un cigare au monstre et lui dit:"Un bon cigare est une femme et une femme est fumée".
Cette séquence du roman n'est peut être pas innocente car elle rappelle la rencontre de Guillermo Cabrera avec le leader maximo Fidel Castro dans une chambre d'hôtel où ce dernier confisque
les cigares de l'auteur pour les décapiter.
Tout le long de la lecture le savoir personnel et encyclopédique de l'auteur s'impose à nous et découvrons sa comparaison du cigare aux films car le havane fait réellement rêver et l'écrivain le
dit dans la première parution du livre en anglais "Smoke gets in your eyes".
J’ai longtemps hésité avant de rédiger ces quelques mots à l’attention de vous tous qui, à un moment ou un autre, avaient
fait partie d’Al Boughaz. Vous tous qui, d’une manière ou d’une autre, ont fait d’elle ce qu’elle est aujourd’hui : « une association tangéroise militant pour un développement
harmonieux de leur ville : Tanger, mythique, cosmopolite et plurielle. Militer en faveur d’un développement économique, social et culturel, respectueux de l’environnement et du patrimoine
».
J’allais faire comme tout le monde me laisser vaincre par mon quotidien et oublier cette date importante de la vie de notre
association. Ignorer que notre association a atteint l’âge adulte ; Al Boughaz vient d’avoir vingt ans.
Mais, comment cela aurait-il pu être possible puisque Tanger n’arrête pas de me passionner et Al Boughaz s’accapare
l’essentiel de mon temps.
Ceux qui ont eu à me supporter dans la concrétisation de nos activités savent que je suis un maniaque de l’archivage. Aussi,
en pensant à tout cela, j’ai replongé dans mes archives personnelles, j’ai revisité mes photos avec Al Boughaz. En quelques heures, j’ai revécu des moments exaltants. J’ai ressenti les peines et
les joies d’autrefois.
Aussi, je peux l’affirmer avec fierté notre bilan est extraordinaire. Ensemble nous avons beaucoup fait pour cette
ville : la délocalisation des activités commerciales et de la ZF du port nous y avons cru et le temps nous a donné raison. Tanger Med aurait-il vu le jour s’il y avait eu agrandissement du
port et de la ZF en 1990 ? Je me rappelle que nous avions réussi à mobiliser les Tangérois autour de ce dossier. Nous les avions réunis avec les instances gouvernementales concernées dans un
colloque autour du thème « Le port de Tanger de l’antiquité au troisième millénaire ».
Depuis « Tanger, horizon 2000 : quels avenirs alternatifs », en 1990, nous avons su démonter que nous savions
user d’anticipation en réalisant des dossiers solides. En 1999, nous avions contribué aux premiers balbutiements du « Plan d’Aménagement et de Sauvegarde de la Médina », qui vient de
voir le jour ; en 2001 nous avions proposé une vision prospective de Tanger « Tanger, vu par les Tangérois : passé, présent et futur » ; en 2002 nous proposions le
classement de « Tanger, patrimoine mondial » ; en 2003 nous attirions l’attention sur le « Patrimoine architectural de Tanger » ; en 2006…, en 2007…, en 2008, entre
autres, « Tanger, patrimoine et développement : la place de la Médina dans les mutations urbaines. Quel rôle pour la société civile »… Nous sommes engagés avec COSPE, notre
partenaire italien, dans un programme de contribution à la sauvegarde de la Médina. Tâche vraiment très ardue.
Aujourd’hui, quand je regarde autour de moi, je me dis souvent, qu’il y a une dizaine d’années, le plus optimiste des
Tangérois n’aurait pas imaginé ce qui se passe actuellement dans sa ville et dans sa région. Grâce à l’intérêt particulier que lui porte notre Roi, S.M. Mohammed VI, depuis son intronisation,
Tanger, est vraiment devenu le nouveau pôle de développement du Maroc du 21ème siècle. Avec les nouvelles infrastructures de base et les projets en tout genre qui y voient le jour,
c’est un chantier « pharaonique » qui est en train de modifier le paysage tangérois. C’est exaltant. Mais pour le Tangérois nostalgique que je suis, à cause de nos maladresses
habituelles, Tanger prend le risque d’y perdre les repères de sa mémoire, les traces visibles de son histoire. Et, Al Boughaz, pour rester fidèle à son idéal fondateur, se doit de rester
vigilante.
En regardant mes anciennes photos, j’ai également retrouvé les visages de ceux qui nous ont quittés pour un monde meilleur
et j’ai eu un pincement au cœur. Des « battants » comme Abdelouahid Bit-el-Mal, Abderrahmane El Haouzi ou Mohamed Ouriaghli.
Quand nous disions dernièrement au Wali, qui nous accordait un entretien, que « nous menons un combat que nous savons
perdu d’avance, puisque nous faisons face à la « boulimie » du pouvoir de l’argent et de la politique, qui en est la conséquence », il a su nous répondre que « notre meilleure
arme c’était notre honnêteté, notre intégrité et notre crédibilité qui n’avaient pas de prix ».
Pour dire que jusqu’à présent nous sommes restés fidèles à nos idéaux et à nos principes de défense de l’intérêt général au
détriment de toute autre considération.
Aussi, pour commémorer cette date importante, je vous propose de nous retrouver autour d’un dîner, où chacun paiera son
repas. Des retrouvailles informelles, juste pour nous revoir. Je vous assure qu’il n’y a aucune autre attention derrière cette proposition.
Omar Metioui, président de Confluences
Musicales, notre partenaire dans le réseau que nous avons pu tisser autour de nous tout au long de ces vingt années d’activités, est disposé à agrémenter notre soirée avec un petit groupe de
musiciens.
Comme nous avons notre A.G.O. le samedi 29 novembre à 10h30 à l’hôtel Continental, le siège provisoire de notre association,
je vous propose d’organiser ce dîner soit la veille, vendredi 28 novembre, soit de samedi même.
Pour ceux qui pourraient être intéressés nous pourrions également prévoir une visite de la Médina avec en particulier une
visite à l’ancienne maison de feu Sidi Abdellah Guennoun que nous transformons en Centre Culturel.
Tout en espérant que vous serez nombreux à répondre à cette proposition, j’ose espérer que les anciens et les nouveaux
« Boughaziens » sauront faire l’effort de venir faire comme ces Tangérois de l’étranger qui reviennent de temps en temps revoir leur ville et leurs amis. En particulier, ceux de
Malabata et de Tangerjabibi qui se promettent de rester en contact, et arrivent encore à le faire. Un bel exemple à suivre.
J’attends vos réponses.
Et merci d’avoir supporter de me lire tout au long de ces deux pages que je n’ai pas voulu relire. Je voulais que mon texte
soit spontané. Amitiés.
Vitole commerciale: Super Partagas Vitole de production: Cremas
L: 140mm D: 15.87mm P: 7,64g Cepo: 40
Un cigare que j'ai acheté au Tabacs de la Poste au Bd Med V à Tanger (4Eur) pas cher. L'image en arrière plan provient du superbe livre de Abdelkader RETNANI "Cigares Cubain en terre Marocaine",
le premier du genre au Maroc. Il reste maintenant a rendre le cigare moins élitiste et réducteur.
J'ai entamé ce cigare au bar restaurant la Grenouille, accompagné d'un J&B pure malt on the rocks. Assembler ces matières c'est assez délicat pour les papilles mais les partagas ne se
laissent jamais faire, ils sont toujours d'attaque pour se reserver le palais. Cependant et autant vous le dire maintenant cette vitole n'est pas suffisament complexe, donc attendez vous à
une grosse once de linéarité. N'empêche! la fumé est longue en bouche, épaisse donne des arômes d'amende semi-grillée et d'étable. La cape est soyeuse, rêche par endroit. Humée même quand le
cigare est encore allumé elle dégage une note caramélisée qui perdurera jusqu'au dernier tiers. Le tirage est excellent, la cendre reste solidaire en progressant vers la bague. Pour une sortie de
deux heures je vous conseille d'en acheter au moin deux .
Comment se fait-il qu’un homme qui marche sur la cinquantaine simple et ordinaire, père de deux enfants et œuvrant dans le secteur bancaire tombe, sans
suffisance aucune, dans le chaudron d’Epicure ?
A vrai dire j’essaie de ressembler à ma mémoire, c’est une conteuse passionnée, qui m’a tatoué le cœur par le premier clapé de sa langue sur le palais pour me
raconter le plaisir du cigare, et la première lueur blanche de Tanger sans laquelle tous mes devoirs envers mes plaisirs ne seraient qu'un amour futile.
Porsche 911 carrera 4
Porsche 356 1500 S
Speedster (1955)
Porsche 356 1300 coupé 1951 Porsche 356 A 1500 GT Carrera
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