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13 septembre 2016 2 13 /09 /septembre /2016 20:20
Hommage à Mohammed T.

Chaque samedi ou presque, je vais au cimetière des Moujahidine de Tanger. Cet endroit m’apporte la paix qui m’est nécessaire pour me ressourcer, pour donner un nouvel élan à l’instant qui vient.

Je trouve la paix et le réconfort auprès de nos défunts, les vivants m’ennuient. Ils sont tous attendus, il suffit d’en aimer un seul pour les aimer tous tellement ils se ressemblent. Chacun rabâche comme il peut son manuel de la quotidienneté, j’ai le mien aussi ne vous en faites pas je suis votre ami et je compatis.

Parfois il arrive que nous soyons lessivés par cet état de chose, alors affligés et malheureux, le teint pâle et les lèvres plissées, nous donnons un coup de pied à cette pu…..de moral et nous sommes heureux de la voir se tortiller à travers porche et parapet. Mais n’avons-nous même pas passé la nuit que la voilà déjà qui revient par la fenêtre portant cette fois le nom de « équité » « déontologie »…….

Nous sommes faits.

Je regarde un instant la cape soyeuse de mon cigare, puis je porte mon attention à la cendre, j’aime bien qu’elle soit ferme et compacte c’est le signe d’une bonne évolution du plaisir.

Je me sens apaisé maintenant, je dois partir, mais avant je jette un dernier coup d’œil à cette colline insulaire qui accueille un parc pour les disparues, puis me rappelle ma promesse à Mohammed T. de lui rendre visite chaque fois que je viens dans ces lieux.

Je descends alors de voiture et traverse la porte en forme d’alcôve et me dirige vers la sépulture.

Il ne m’est jamais facile de revoir Mohammed T.

L’endroit est frais, ombragé par les arbres de mémoire, la pierre est chaulée au bleu dense. Je m’assois, le regard perdu sur les montagnes ibériques, au pavillon de mes oreilles chantent les oiseaux champêtres, puis John Petrucci, Lost without you, mes glandes lacrymales lâchent.

Je n’ai pas de lien filiale ni amicale avec Mohammed T. mais c’est un enfant qui est parti à l’âge de onze ans, parti avant même de connaître la puberté. Pour ton voyage les youyous de ta maman ont fusés, lézardés le silence comme la foudre le firmament. J’ai vu la terre se pourlécher de ta chaire fraîche tellement sa pitance est gavée de corps vieux et infâme. Non Mohammed T. tu ne devrais pas être enterré parmi les vaincus, ceux qui soumis, les bras ballants les pieds devant se sont laissés jeter la terre sur leurs effigies. Non Mohammed T. toi tu as brandit l’épée à l’âge de onze ans pour vaincre en vain la vérité celle qui nous sourit. Non tu mérite un hashtagMohammedT pour bâtir à toi seul un autel pour ta postérité.

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Texte Libre



Ces écrits sont nés d'un besoin pressant d'aller vers l'autre, de fondre dans un creuset qu'est ce support des éléments épars exprimant une certaine singularité.

Mais l'homme a vite fait de montrer sa joie une fois il est dans la lumière alors que les vrais auteurs, sans qu'il ne s'en aperçoive, sont dans l'ombre.

Ces écrits ne sont donc que l'expression harmonieuse d'innombrables acteurs proches ou lointains qui ont peuplé mon esprit et qui maintenant revendiquent la liberté à leurs créations.

Je passe mes journées à mutiler mes cigares à décapiter leurs têtes à allumer leurs pieds à déguster leurs tripes, mais l'écriture n'est-elle pas une vertueuse souffrance qui s'ingénue avec bonheur à vous faire oublier votre égo à décliner le constat social et à créer en vous le désir de dissimilitude?

Notre société a circoncis les hommes dans leurs corps, le fera-t-elle pour le prépuce de leurs coeurs et de leurs ambitions?

La vitole bleue dédie ses thèmes à la ville de Tanger, ma terre ma nourricière, au cigare ce plaisir perle des dieux fait par les mains des hommes, et enfin à mes écrits vérités sur mes parures qui donneront je l'espère suffisamment de plaisir aux lecteurs.
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Peut-être un jour

Qui c'est celui là?
Mais qu'est-ce qu'il veut?
Tanger 2010
 

Comment se fait-il qu’un homme quinquagénaire simple et ordinaire, père de deux enfants et œuvrant dans le secteur bancaire tombe, sans suffisance aucune, dans le chaudron d’Epicure ?

A vrai dire j’essaie de ressembler à ma mémoire, c’est une conteuse passionnée, qui m’a tatoué le cœur par le premier clapé de sa langue sur le palais pour me raconter le plaisir du cigare, et la première lueur blanche de Tanger sans laquelle tous mes devoirs envers mes plaisirs ne seraient qu'un amour futile.  

 

 
Porsche 911 carrera 4
Porsche 356 1500 S Speedster (1955)
Porsche 356 1300 coupé 1951
Porsche 356 A 1500 GT Carrera 1958
Porsche 356 châssis 356.001
Porsche Carrera 911



 
 

  

 

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D'hércule et d'héraclès
Blanche est ma ville
Brun est mon humidor

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