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31 mars 2022 4 31 /03 /mars /2022 18:00

 

J’entends le désir ramper dans tes veines et la nuit dans ton sommeil j’écoute tes délires où tu racontes l’histoire de ce bâtisseur de mythe, la parole frugale, d’une main en plume de mésange il a inscrit des sillons sur ton corps pour écouter le récit de ton cœur, ses accès de fièvre, ses espoirs inachevés affalés sur un muret de remblais.

 

D’un geste ciselé de poèmes il a drapé ton cœur de pages d’un roman racontant les noces d’une ville à la mer, la procession des murmures, la moiteur des échos, le reflux des regards au passage de la bien aimée.

 

Ton cépage tendre soûlait de syrah les barbes drues qui les ont mariées, des mains égrenaient l’innocence des jours , les voix incoercibles s’échappaient des lèvres fauve pour aller donner la réplique aux clapotis des vagues, remontaient la falaise, séchaient  les mots trempés dans l’écume sur les tuiles des terrasses, nourrissaient   le frémissement du rituel pour calmer l’exubérance du cortège,  les yeux buvaient la lumière lestant les visages de leurs plis , les pages sacrées claquaient dans le vent, mélangeaient calottes et turbans, les mémoires bariolées, tatouées de soie rouge du Sefer, des fanions vert des minarets, de  blancheur de l’hostie, les tabernacles devenaient fous.

 

Un dialecte silencieux emmuraillait les morsures de la veille, tu continuais ton rêve sur l’aile d’une mémoire oubliée, décapant peinture sur peinture, découvrant la poussière des jours, les épreuves encore ardentes sur un plat en émail chatouillées par les vents qui moissonnaient à la lisière de tes pensées, vagissement, gazouilles, un peuple, les voix, épaisseur du silence, fracas, ressac des lames à l’orée des mots.

 

Tu t’es réveillé, des larmes chaudes coulaient sur les plis de ton visage, la nostalgie t’as serré dans ses bras pendant que tu dormais, c’est une princesse défunte, tu le sais bien mais tu as trop butiné sur le miel des jours passés, tu t’es repu des « Après » des « plus tard » des « demain » et  aujourd’hui tu es foudroyé, trop de vérité, démunis face à ces horizons lointains décousues, aux travers desquels des mots étrange passaient, paroles à rebours, pourtant la langue est ton amie, une écharde insupportable, fébrile, titubant tu t’assois sur une marche d’escalier, la tête sur la main courante, la vie court , la réplique des jours, seule est subversive la plume qui invente l’écriture, elle passe, tu es l’homme qui passe.

 

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Texte Libre



Ces écrits sont nés d'un besoin pressant d'aller vers l'autre, de fondre dans un creuset qu'est ce support des éléments épars exprimant une certaine singularité.

Mais l'homme a vite fait de montrer sa joie une fois il est dans la lumière alors que les vrais auteurs, sans qu'il ne s'en aperçoive, sont dans l'ombre.

Ces écrits ne sont donc que l'expression harmonieuse d'innombrables acteurs proches ou lointains qui ont peuplé mon esprit et qui maintenant revendiquent la liberté à leurs créations.

Je passe mes journées à mutiler mes cigares à décapiter leurs têtes à allumer leurs pieds à déguster leurs tripes, mais l'écriture n'est-elle pas une vertueuse souffrance qui s'ingénue avec bonheur à vous faire oublier votre égo à décliner le constat social et à créer en vous le désir de dissimilitude?

Notre société a circoncis les hommes dans leurs corps, le fera-t-elle pour le prépuce de leurs coeurs et de leurs ambitions?

La vitole bleue dédie ses thèmes à la ville de Tanger, ma terre ma nourricière, au cigare ce plaisir perle des dieux fait par les mains des hommes, et enfin à mes écrits vérités sur mes parures qui donneront je l'espère suffisamment de plaisir aux lecteurs.
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Qui c'est celui là?
Mais qu'est-ce qu'il veut?
Tanger 2010
 

Comment se fait-il qu’un homme quinquagénaire simple et ordinaire, père de deux enfants et œuvrant dans le secteur bancaire tombe, sans suffisance aucune, dans le chaudron d’Epicure ?

A vrai dire j’essaie de ressembler à ma mémoire, c’est une conteuse passionnée, qui m’a tatoué le cœur par le premier clapé de sa langue sur le palais pour me raconter le plaisir du cigare, et la première lueur blanche de Tanger sans laquelle tous mes devoirs envers mes plaisirs ne seraient qu'un amour futile.  

 

 
Porsche 911 carrera 4
Porsche 356 1500 S Speedster (1955)
Porsche 356 1300 coupé 1951
Porsche 356 A 1500 GT Carrera 1958
Porsche 356 châssis 356.001
Porsche Carrera 911



 
 

  

 

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D'hércule et d'héraclès
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