Ces écrits sont nés d'un besoin pressant d'aller vers l'autre, de fondre dans un creuset qu'est ce support des éléments épars exprimant une certaine singularité.
Mais l'homme a vite fait de montrer sa joie une fois il est dans la lumière alors que les vrais auteurs, sans qu'il ne s'en aperçoive, sont dans l'ombre.
Ces écrits ne sont donc que l'expression harmonieuse d'innombrables acteurs proches ou lointains qui ont peuplé mon esprit et qui maintenant revendiquent la liberté à leurs créations.
Je passe mes journées à mutiler mes cigares à décapiter leurs têtes à allumer leurs pieds à déguster leurs tripes, mais l'écriture n'est-elle pas une vertueuse souffrance qui s'ingénue avec
bonheur à vous faire oublier votre égo à décliner le constat social et à créer en vous le désir de dissimilitude?
Notre société a circoncis les hommes dans leurs corps, le fera-t-elle pour le prépuce de leurs coeurs et de leurs ambitions?
La vitole bleue dédie ses thèmes à la ville de Tanger, ma terre ma nourricière, au cigare ce plaisir perle des dieux fait par les mains des hommes, et enfin à mes écrits vérités sur mes parures
qui donneront je l'espère suffisamment de plaisir aux lecteurs.
Blanche est ma ville, bleu est son ciel, doux est son vent d'est, brun est mon humidor, noir est sa terre, belle est ma famille, agréable est son soleil, boisés sont mes cigares, au sommet de l'Afrique elle se repose, lorgnant son compagnon à vie, rocher au pied d'argile, caressant la chaleur ibérique. Chapeau aux lunettes noir, assis au flanc des vaisseaux de Mogador, regardant ses biens aimés prendre un instant de bonheur, soupirant de joie d'avoir retrouver la mer, nervurée est la cape de mon cigare, parfumé de café et de miel, généreuse est sa fumée, murmurant dans mes narines, les bientôt retrouvailles de ma terre. Bien aimés sont ceux laissés sur les sols rouges, divin est le corps de mon Havane, épicé est son arôme imprégné de cèdre, belle est ma ville, assis au pied de la nécropole, nourrit est mon imaginaire d' Hércule et d'Héraclès, regardant de loin le géant bleu.
Un mélange de style architectural accroche le regard de cet enfant. Cette fois il ne traverse pas pour aller vers la mer, son attention est agrippée à ce bâtiment couronné d'un auvent aux tuiles marron. Il ne sait pas ce que c'est, mais ce dont il est sûr c'est qu'il est différent des autres et renvoi à des thèmes traditionels proches du mauresque. Il prendra peut être conscience de la singularité de sa cité malgré un urbanisme galopant qui, cependant, n'éttoufera jamais son identité millénaire. Mais pour l'instant, il perçoit cette lisière floue entre deux monde, le sien et celui de ses aïeux.
Cet enfant dans son innocence ne se doute pas encore que des compatriotes différent par leurs identité et leurs confessions vivaient harmonieusement dans ces lieux il y a moins d'un demi siècle.
Moi, son père, dans le méandre de mes souvenirs, je ne me rappelle pas encore des portugais et espagnoles qui ce sont établient en ces lieux voilà bien une cinquantaine d'année faisant de la pêche leur gagne pain quotidien et qui, le soir, bravant le vent d'est, essayaient de retrouver le chemin menant vers leur ville auprès de leur femme déjà assise au seuil de leur demeure guettant sagement leur arrivé en tricottant des chandail de laine.
Le Lycée Saint-Aulaire actuellement Collège Ibn Battouta 80 années après!
Angle opposé
En hommage aux directeurs qui ont menés cette belle entreprise comme des Verdi ou des Vivaldi s'acharnant sur leurs violoncelles frottant leurs archets sur les cordes pour donner le meilleur de leurs élèves. En hommage à mon père qui fût mon directeur, à tous ces hommes dont l'empreinte pétrie encore dans nos mémoires j'offre ce délicieux passage de Cervantès dans "Don Quichotte":
"Heureux âge et siècle heureux celui auquel sortiront en lumière mes fameux exploits, dignes d'être gravés en bronze, scupltés en marbre et peints sur les tableaux, pour servir de mémoire au temps futur! Ô toi, sage enchanteur, qui que tu sois, à qui il écherra d'être chroniqueur de cette rare histoire, je te supplie de n'oublier pas mon Rossinante, mon éternel compagnon en toutes mes voies et carrières."
A la conquête de Sidi Ahmed Bou Koudja
Rue Ben Abbou qui contourne le musée de la Casbah
Sidi Ahmed Bou Koudja, mausolée où l'homme enseigna le coran et dispensa à ses visiteurs des leçons de sagesse. Rendu célèbre par Matisse dans sa toile "Le Marabout".
Un saint où les hommes et les femmes s'y rendent tous les jeudis après la prière du soir pour se repentir et quémander la fertilité. un enfant s'arrête et regarde à l'intérieure du marabout.
"Est-ce que ça intéresse vraiment les étrangers, ce que toi et Mohamed Mrabet racontez à Paul et qu'il traduit en
anglais?
- Moi je ne raconte rien. J'écris ce que j'ai à écrire et c'est aux autres de le lire.
- Je ne comprends pas.
- Et moi, je ne sais pas comment te l'expliquer.
- Mais Mrabet n'écrit pas! Il raconte.
- Oui, et Paul le transcrit et l'adapte de telle façon que cela puisse être lu."
Quand il a reçu ses premiers cachets il est venu chez nous et a demandé à voir ma belle mère, il avait une belle montre à lui offrir. Elle a fait tout pour l'en dissuadé prétextant
que c'était trop cher mais lui il ne voulait rien entendre. L'argent il n'en voulait pas ça polluait son inspiration il préférait rester les poches vides. Une montre pour lui non plus ça le
rendai ordinaire. Certainement il devait penser qu'il valait mieux se presser le jour pour donner quelque chose à ceux qu'il aimait avant que son corps titubant ne soit assaillit la nuit par des
visages balafrés pour le dépouiller. Choukri n'était pas un ivrogne. L'alcool c'était une boisson qui l'aidait à se débarrasser de son corps geôlier de sa souffrance et de son inspiration.
C’est à l’ancienne villa de Perdicaris actuellement hôtel El Menzah que c’est tenu le 12 Juillet 2008 le séminaire de l’association Al Boughaz. Cette initiative s’inscrit d’abord et comme à
l’accoutumé dans le cadre général des objectifs de l’association à savoir préservation, valorisation et développement du patrimoine humain et culturel de la ville de Tanger
mais aussi et en particulier pour faire aboutir le projet de la création du Centre Culturel Abdellah Guennoun dans la Médina. Dans la proue de ce projet qui se place dans la
continuité des colloques précédemment entrepris « Tanger, patrimoine et développement : la place de la Médina dans les mutations urbaines. Quel rôle pour la Société
Civile ? » »Tanger, un patrimoine mondial » il n’est pas sans utilité de savoir que deux tangérois amoureux de leurs ville Mr Rachid TAFERSITI et Mr Abdessamad ACHAB
respectivement présidents de l’association Al Boughaz et de la Fondation Abdellah GUENOUN tiennent la barre ensemble pour conduire à bon port les travaux déjà entamé et qui s’achèveront par la
création du « Centre Culturel Abdellah GUENNOUN ».
Par ailleurs je crois qu’il n’est pas nécessaire de préciser que les associations sont toujours à la recherche de ressources financières et humaines et c’est précisément dans cet objectif que
plusieurs organismes sont partenaires de Al Boughaz notamment l’ONG italienne COSPE, le programme PASC-INDH du PNUD et d’autres initiatives locales.
Si Abdellah GUENNOUN ce théologien et figure emblématique de la ville de Tanger avait légué sa maison située à la Qasbah, la
Maison Guennoun, pour en faire un Centre Culturel. Il s’agit d’abord donc de réhabiliter et de préserver l’empreinte architecturale de cette maison historique puis de chercher à ce que les
finalités entrent dans une dynamique de développement culturel de la ville.
En déjeunant à l’hôtel j’ai entendu le président de l’association dire à son secrétaire général Mr Lotfi CHRAIBI : « Il faut investir énormément et faire
intervenir beaucoup de gens pour à peine effleurer le problème et réveiller les consciences ». C’est une vérité.
Mais Il y a aussi une autre vérité : « Nous vénérons nos morts car nous doutons beaucoup des vivants ».
J’ai longtemps hésité avant de rédiger ces quelques mots à l’attention de vous tous qui, à un moment ou un autre, avaient
fait partie d’Al Boughaz. Vous tous qui, d’une manière ou d’une autre, ont fait d’elle ce qu’elle est aujourd’hui : « une association tangéroise militant pour un développement
harmonieux de leur ville : Tanger, mythique, cosmopolite et plurielle. Militer en faveur d’un développement économique, social et culturel, respectueux de l’environnement et du patrimoine
».
J’allais faire comme tout le monde me laisser vaincre par mon quotidien et oublier cette date importante de la vie de notre
association. Ignorer que notre association a atteint l’âge adulte ; Al Boughaz vient d’avoir vingt ans.
Mais, comment cela aurait-il pu être possible puisque Tanger n’arrête pas de me passionner et Al Boughaz s’accapare
l’essentiel de mon temps.
Ceux qui ont eu à me supporter dans la concrétisation de nos activités savent que je suis un maniaque de l’archivage. Aussi,
en pensant à tout cela, j’ai replongé dans mes archives personnelles, j’ai revisité mes photos avec Al Boughaz. En quelques heures, j’ai revécu des moments exaltants. J’ai ressenti les peines et
les joies d’autrefois.
Aussi, je peux l’affirmer avec fierté notre bilan est extraordinaire. Ensemble nous avons beaucoup fait pour cette
ville : la délocalisation des activités commerciales et de la ZF du port nous y avons cru et le temps nous a donné raison. Tanger Med aurait-il vu le jour s’il y avait eu agrandissement du
port et de la ZF en 1990 ? Je me rappelle que nous avions réussi à mobiliser les Tangérois autour de ce dossier. Nous les avions réunis avec les instances gouvernementales concernées dans un
colloque autour du thème « Le port de Tanger de l’antiquité au troisième millénaire ».
Depuis « Tanger, horizon 2000 : quels avenirs alternatifs », en 1990, nous avons su démonter que nous savions
user d’anticipation en réalisant des dossiers solides. En 1999, nous avions contribué aux premiers balbutiements du « Plan d’Aménagement et de Sauvegarde de la Médina », qui vient de
voir le jour ; en 2001 nous avions proposé une vision prospective de Tanger « Tanger, vu par les Tangérois : passé, présent et futur » ; en 2002 nous proposions le
classement de « Tanger, patrimoine mondial » ; en 2003 nous attirions l’attention sur le « Patrimoine architectural de Tanger » ; en 2006…, en 2007…, en 2008, entre
autres, « Tanger, patrimoine et développement : la place de la Médina dans les mutations urbaines. Quel rôle pour la société civile »… Nous sommes engagés avec COSPE, notre
partenaire italien, dans un programme de contribution à la sauvegarde de la Médina. Tâche vraiment très ardue.
Aujourd’hui, quand je regarde autour de moi, je me dis souvent, qu’il y a une dizaine d’années, le plus optimiste des
Tangérois n’aurait pas imaginé ce qui se passe actuellement dans sa ville et dans sa région. Grâce à l’intérêt particulier que lui porte notre Roi, S.M. Mohammed VI, depuis son intronisation,
Tanger, est vraiment devenu le nouveau pôle de développement du Maroc du 21ème siècle. Avec les nouvelles infrastructures de base et les projets en tout genre qui y voient le jour,
c’est un chantier « pharaonique » qui est en train de modifier le paysage tangérois. C’est exaltant. Mais pour le Tangérois nostalgique que je suis, à cause de nos maladresses
habituelles, Tanger prend le risque d’y perdre les repères de sa mémoire, les traces visibles de son histoire. Et, Al Boughaz, pour rester fidèle à son idéal fondateur, se doit de rester
vigilante.
En regardant mes anciennes photos, j’ai également retrouvé les visages de ceux qui nous ont quittés pour un monde meilleur
et j’ai eu un pincement au cœur. Des « battants » comme Abdelouahid Bit-el-Mal, Abderrahmane El Haouzi ou Mohamed Ouriaghli.
Quand nous disions dernièrement au Wali, qui nous accordait un entretien, que « nous menons un combat que nous savons
perdu d’avance, puisque nous faisons face à la « boulimie » du pouvoir de l’argent et de la politique, qui en est la conséquence », il a su nous répondre que « notre meilleure
arme c’était notre honnêteté, notre intégrité et notre crédibilité qui n’avaient pas de prix ».
Pour dire que jusqu’à présent nous sommes restés fidèles à nos idéaux et à nos principes de défense de l’intérêt général au
détriment de toute autre considération.
Aussi, pour commémorer cette date importante, je vous propose de nous retrouver autour d’un dîner, où chacun paiera son
repas. Des retrouvailles informelles, juste pour nous revoir. Je vous assure qu’il n’y a aucune autre attention derrière cette proposition.
Omar Metioui, président de Confluences
Musicales, notre partenaire dans le réseau que nous avons pu tisser autour de nous tout au long de ces vingt années d’activités, est disposé à agrémenter notre soirée avec un petit groupe de
musiciens.
Comme nous avons notre A.G.O. le samedi 29 novembre à 10h30 à l’hôtel Continental, le siège provisoire de notre association,
je vous propose d’organiser ce dîner soit la veille, vendredi 28 novembre, soit de samedi même.
Pour ceux qui pourraient être intéressés nous pourrions également prévoir une visite de la Médina avec en particulier une
visite à l’ancienne maison de feu Sidi Abdellah Guennoun que nous transformons en Centre Culturel.
Tout en espérant que vous serez nombreux à répondre à cette proposition, j’ose espérer que les anciens et les nouveaux
« Boughaziens » sauront faire l’effort de venir faire comme ces Tangérois de l’étranger qui reviennent de temps en temps revoir leur ville et leurs amis. En particulier, ceux de
Malabata et de Tangerjabibi qui se promettent de rester en contact, et arrivent encore à le faire. Un bel exemple à suivre.
J’attends vos réponses.
Et merci d’avoir supporter de me lire tout au long de ces deux pages que je n’ai pas voulu relire. Je voulais que mon texte
soit spontané. Amitiés.
Comment se fait-il qu’un homme qui marche sur la cinquantaine simple et ordinaire, père de deux enfants et œuvrant dans le secteur bancaire tombe, sans
suffisance aucune, dans le chaudron d’Epicure ?
A vrai dire j’essaie de ressembler à ma mémoire, c’est une conteuse passionnée, qui m’a tatoué le cœur par le premier clapé de sa langue sur le palais pour me
raconter le plaisir du cigare, et la première lueur blanche de Tanger sans laquelle tous mes devoirs envers mes plaisirs ne seraient qu'un amour futile.
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